Nations Unies (New York) - Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres a plaidé, mercredi à New York, en faveur de la “solidarité vaccinale” pour vaincre la pandémie de Covid-19.

“Le taux faible de vaccination, avec seulement 6 % en Afrique et l'accès inéquitable aux vaccins anti-Covid” crée un terrain fertile pour les variants, a-t-il mis en garde, en appelant à une "véritable" solidarité vaccinale dans l’effort collectif contre le coronavirus.

M. Guterres s’exprimait lors d’une conférence de presse conjointe avec le président de la commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, tenue à l’issue de la 5è conférence annuelle ONU-UA.

“J’appelle à un plan de vaccination mondial impliquant tous les pays qui produisent et peuvent produire des vaccins, y compris en Afrique”, a-t-il indiqué, tout en réitérant son soutien à la stratégie de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) visant à vacciner 70% des populations dans tous les pays au cours du premier semestre de l’année 2022.

Insistant sur la nécessité de continuer à mobiliser du soutien et du financement pour une fabrication nationale durable des vaccins en Afrique, le chef de l’ONU a relevé que les peuples du continent “ne peuvent être blâmés” pour le taux faible de vaccination.

Il a, par ailleurs, mis l’accent sur l’impératif de tacler “l’inégalité” constatée sur le chemin de la reprise économique, ajoutant que les pays développés investissent 28 % de leur PIB dans la reprise, alors que les pays à revenus intermédiaires et ceux moins avancés ne mobilisent que 6,5 % et 1,8 % respectivement pour cet effort.

Évoquant la lutte contre le changement climatique, M. Guterres a indiqué que l’Afrique subit les “pires” effets de ce phénomène sans disposer des ressources nécessaires pour renforcer sa résilience et celle des ses populations.

“Les pays les plus riches doivent renforcer considérablement leur soutien aux pays en développement, à la fois pour l'adaptation et la transition vers des économies vertes”, a-t-il affirmé, ajoutant que la reprise est synonyme de paix dans une région confrontée à plusieurs défis.

Il a, de même, mis l'accent sur les domaines essentiels à une reprise inclusive, résiliente et durable sur le continent, qui s'appuient sur l'Agenda 2030 pour le développement durable et l'Agenda 2063 de l'UA, afin d'aider les Africains à “récolter les fruits des opportunités”.

Le SG de l’ONU a, par la même occasion, dénoncé “le terrorisme et l’extrémisme violent qui guettent des millions de personnes au Sahel”.

De son côté, le président de la Commission de l’UA, a mis en avant le partenariat “ancien” entre l’Union africaine et l’ONU, qui a été renforcé depuis 2017 par un accord cadre sur les questions de paix et de sécurité.

Les consultations de cette année entre les deux parties, ont permis de faire un tour d’horizon sur la coopération bilatérale, ainsi que sur les défis sécuritaires auxquels est confronté le continent, relevant que les deux parties ont convenu de renforcer leur action commune pour relever les défis, notamment dans la région du Sahel.

Il a mis en garde contre la recrudescence du terrorisme, qui “menace la paix et la sécurité internationales”.

Évoquant la question climatique en Afrique, il a indiqué que la désertification et la sécheresse compliquent la donne en s’ajoutant aux questions de la paix et de la sécurité.